On confond à tort ces deux notions qui, pourtant, répondent à des buts spécifiques et distincts. Hélas, cette confusion coûte chère aux parents de la génération actuelle, les laissant penser qu’amener leurs enfants à l’école fait partie du bien-fondé de leur éducation. Or, il n’en est rien.
Avant que l’école publique ne porte le nom d’« Éducation Nationale », à partir de 1932, celle-ci s’intitulait plus justement « Instruction publique », sous les trois premières républiques.
L’école publique française avait pour mission d’enseigner et de généraliser la langue française à travers l’ensemble du pays, y compris les mathématiques, l’histoire et la géographie. Le dessin, les exercices militaires et les arts d’agrément, mais aussi la morale, la logique et la rhétorique étaient enseignés au lycée. Les écoles dites « spéciales » étaient destinées à l’enseignement de la médecine, de la science mécanique et chimique.
Il est important de rappeler qu’à l’époque, toute la société ne parlait pas la langue française. Les régions avaient leurs propres patois ; patois vivants et parlés usuellement par les communautés qui faisaient, autrefois, la diversité et la richesse de la culture du Royaume de France. La généralisation de la langue française à l’ensemble du pays n’a fait que détruire progressivement ces langues natales, dans chaque région. Certains patois ont subsisté encore jusqu’à notre époque, mais rares sont les gens qui les parlent encore, couramment. Aujourd’hui, l’Éducation Nationale n’assure plus vraiment l’apprentissage de la langue française. Elle tend à la déstructurer pour déposséder les citoyens de leur capacité à exprimer leur pensée et à la formuler, convenablement.
Raison pour laquelle nous en sommes là, présentement, à confondre les notions entre elles, à prendre les synonymes pour des termes dont la signification est identique, tandis que la particularité subtile de la langue française est de discuter avec exactitude des choses et donc, d’employer des nuances. Il importe alors de revenir à l’origine exacte des définitions de l’instruction, de l’enseignement et de la formation, pour ne plus avoir à les confondre avec celle de l’éducation.
Instruire signifie étudier un savoir. Enseigner renvoie à la transmission des connaissances, par l’étude et la pratique d’une discipline. Former rend compte de la maîtrise d’un savoir-faire et du développement des compétences liés à celui-ci. Éduquer revient enfin à développer les capacités physiques d’un être, ses aptitudes et ses facultés, et élever son esprit.
Nous avons oublié aujourd’hui ce que signifie éduquer et ne faisons que nous instruire, enseigner et nous former. Nous avons également oublié que le foyer familial était, à l’origine, l’atelier par excellence. On y apprenait tout : jouer, coudre, cuisiner, faire un compost, cultiver un potager, construire et entretenir des bâtiments, etc. C’est ce qui faisait la force des communautés d’antan. Jusqu’au siècle dernier, l’environnement naturel de l’enfant comprenait les occupations des adultes, y compris l’éducation.
De nos jours, l’école publique étatique tente de s’emparer de tous les apprentissages, pour déposséder la famille de sa raison d’exister. Si nous devions accorder un intérêt à l’école, ce ne serait pas pour qu’elle s’occupe de l’éducation des enfants qui devrait être réservée exclusivement aux parents, mais pour que les enseignants leur transmettent des savoir-faire pratiques et utiles, afin de développer leur autonomie.

