Beaucoup de personnes s’apitoient sur leur sort et se laissent asphyxier, plomber par toute sorte d’émotions négatives, quelle que soit la raison.
Elles sont persuadées que rien ne va dans le monde, que le monde entier leur en veut et qu’elles n’ont rien à offrir. Les événements malencontreux que ces personnes subissent, ou que d’autres subissent, les impriment et constituent, sans en avoir conscience, leur manière de penser. En conséquence, elles finissent par manquer d’estime envers elle-même, s’identifient à leurs souffrances et s’enferment dans la victimisation, n’ayant aucune idée de l’impact qu’à leur état d’esprit sur le monde qui les entoure.
Si ces personnes savaient à quel point la beauté du monde, la légèreté et la simplicité dépendaient de leurs pensées angéliques, de leurs sentiments nobles, de leur volonté et de leur joie, elles n’accepteraient certainement pas que l’on vienne les polluer. Au contraire, elles feraient le nécessaire pour les cultiver et les conserver intacts, à l’intérieur d’elles-mêmes.
Alain, le philosophe, disait :
« […] Il est impossible que l’on soit heureux si l’on ne veut pas l’être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire. […] Aussi n’y a-t-il rien de plus profond dans l’amour que le serment d’être heureux. Quoi de plus difficile à surmonter que l’ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l’on aime. Tout homme et toute femme devrait penser continuellement à ceci que le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse. »
Nombreuses sont en effet les raisons de ne pas éprouver de la joie : la guerre, la maladie, les injustices, etc. Faisons remarquer qu’avant notre apparition sur Terre, le monde était déjà imparfait ; et il le sera encore, même après notre passage. En d’autres termes, il y aura toujours des raisons de se sentir malheureux, dès que le monde se porte mal. Et ce n’est pas en une vie d’homme que cela changera.
Alors, pourquoi choisir de vivre et ne pas se donner la mort, tout de suite ? Ou bien, nous pourrions choisir de penser autrement et nous demander : « Qu’est-ce que cela m’apporte de me préoccuper de ce qui ne va pas, chaque jour, à travers le monde, puisque les malheurs ont toujours existé ? ».
Et voilà le premier commandement que Dieu nous a ordonné d’accomplir : prendre soin de soi, quotidiennement. Prendre soin de soi pour prendre soin des autres, afin que la joie soit vécue universellement. Oui mais, comment ? En nous accomplissant, en montrant l’exemple et en donnant le meilleur de nous-même pour encourager, conduire et pousser notre entourage à faire de même.
Car tout ce qui se manifeste autour de nous n’est que le reflet de ce que nous vivons, à l’intérieur de nous. Il importe donc de ne pas laisser en nous se développer les graines du malheur, mais plutôt de porter notre énergie, notre attention, sur celles qui constituent notre bonheur, et de les arroser.
Rien ne nous empêche de ressentir de la colère ou de la tristesse, occasionnellement, face aux tourments des événements. Mais, tâchons de nous en libérer rapidement, afin d’éviter de nous laisser envahir par celles-ci, au risque d’abandonner ce qui nous est le plus précieux : notre entourage, notre famille, nos activités, notre joie et notre santé.


