Il fût un temps où l’Homme vivait en harmonie avec la Nature et n’en était pas séparé. Parce qu’Il connaissait Son royaume et les lois qui La gouvernaient, l’Homme savait qui Il était et quelle était Sa place dans la hiérarchie naturelle et l’ordre universel.
Lorsque l’Homme est sorti du « paradis originel », Il s’est progressivement détaché de la Nature pour fabriquer son propre royaume et concevoir un monde à sa façon. Au fil du temps, ce nouvel Homme est devenu un conquérant. Il a bâti des civilisations au détriment de la Nature, en imposant sa propre loi par la force, dans toutes les régions où Il est parvenu tant bien que mal à s’installer. Cet Homme dit « civilisé » n’a fait que chuter, et tout ce qu’Il a construit par le passé a été emporté.
Notre époque est celle de l’Homme moderne, qui ne perçoit plus la Nature que comme un parc d’attraction, où il fait bon de se balader ; un champ d’exploitation agricole ; une zone de matières premières à transformer.
N’étant plus vraiment le propriétaire de sa terre ; vivant en hors sol, dans des villes et des immeubles ; et allant se procurer sa nourriture sur des étalages, loin du potager ou du verger, l’Homme moderne a perdu le contrôle total sur son environnement. Tout dans ce dernier est devenu électronique : éclairage, volets, plaque à induction, smartphones, électroménagers, véhicules, etc. Tout est robotisé, numérisé et digitalisé. Même ce qui garantit sa sécurité : caméra, alarme, digicode, finances, assurances, données, etc. Sa manière de sociabiliser, enfin, ne passe dorénavant plus par le contact direct et physique, mais par les sites de rencontres et les réseaux informatiques.
Dans la continuité de sa sinistre déchéance, l’Homme moderne va maintenant jusqu’à mutiler et détruire la Nature qui constitue son propre organisme. Il s’empoisonne avec des drogues, des aliments toxiques et des médicaments. Il lutte contre la fièvre lorsqu’Il est malade ; fume pour réduire son stress et consomme de l’alcool pour faire passer le chagrin. En outre, Il perce son corps, s’implante toutes sortes de matériaux, se tatoue, se maquille, change la couleur de ses cheveux, de ses yeux, change de sexe, d’identité et de genre, selon sa volonté.
L’Homme moderne mène une vie entièrement virtuelle. Celui-ci s’est dépossédé de tout : de ses capacités, de ses connaissances et de ses facultés, pour ne plus qu’être une espèce insignifiante au profit du Dieu Machine. En se servant constamment de la technologie et de ses fonctions, Il s’est démuni de son savoir-faire, de son autonomie et n’est plus maître de rien. Il a délégué son intelligence à l’artifice, et voue à présent un culte grandissant pour l’IA.
L’Homme moderne ne sait plus qui Il est. Pour se sentir existé et reconnu, Il passe son temps à occuper le devant de la scène, imagine d’innombrables histoires, incarne un personnage factice et s’invente une vie derrière les écrans. Il rêve à longueur de temps, et ce rêve devient sa réalité.
L’Homme moderne ne vit définitivement plus dans le monde réel. Il s’est complètement désidentifié de la Nature et méconnaît aujourd’hui totalement ses lois. Il La combat, La méprise et La rejette. Il ne reconnaît plus le lien sacré qui existait entre Lui et Elle, comme autrefois.
Si l’Homme moderne désire se connaître de nouveau, pour vivre joyeusement et être en pleine santé, Il lui faut à tout prix renouer ce lien sacré avec la Nature, qui représente le Réel.


