Les représentations du mal sont divers et variées selon les époques, les cultures et les religions.
Pour certains, le mal est représenté sous une forme démoniaque ou monstrueuse : diables, dragons, hydres, chimères, vampires, anges déchus, etc. Pour d’autres, il s’agit de vices, de pêchés, de mensonges, d’actions malfaisantes et / ou inconscientes, de violence, etc. En réalité, ces différentes représentations physiques portent en elles une symbolique qui correspond souvent aux expériences que nous faisons du mal, soit en le générant, soit en le subissant, à différents degrés.
Par exemple, l’une des caractéristiques les plus connues du vampire est de se nourrir de sang. Il s’agit d’une entité qui, pour sa propre survie, le ponctionne à ses victimes qui en sont pourvus, en abondance. Le vampire représente ici l’individu qui manque d’énergie vitale et qui se ressource auprès de son entourage en le lui dérobant, faute de pouvoir le faire sainement et naturellement.
Le mal est ce qui nous empêche d’être. Il est ce qui va l’encontre du déroulement des choses naturelles. La maladie, le malheur, le maléfice, la malédiction, le mal-être, etc. sont diverses expressions et manifestations du mal.
Le mal est la conséquence d’une transgression des lois du Vivant, notamment à cause du manque, perceptible sous différentes formes : l’absence, l’insuffisance, la carence, la pénurie, la privation… Nous pouvons manquer de tout : ressources, énergie, soin, amour, argent, vérité, présence, communication, connaissances, conscience, etc., et en pâtir, légèrement ou lourdement. Toutefois, le manque a lui seul ne suffit pas pour faire apparaître le mal. En effet, sa manifestation dépend de sa persistance à travers le temps et d’autres conditions.
Un garçon a faim. Son corps réclame de la nourriture. Le manque ressenti le pousse à manger. Et le voilà rassasié. Aucun mal n’est apparu puisque le manque éphémère ressenti a été comblé.
Prenons maintenant ce même garçon qui, par manque de nourriture, ne parvient pas à combler sa faim. Son entourage ne peut malheureusement le satisfaire, lui-même n’ayant pas suffisamment de nourriture pour alimenter tout le monde. La faiblesse se fait sentir ; bientôt des tremblements, puis un amaigrissement. Plongé dans un état de survie, l’enfant est contraint de chercher une solution. Il s’en va alors voler quelques oranges, chez le voisin d’à côté, sans quémander. Le voisin réagit avec violence et mécontentement envers l’enfant, bien qu’il soit compréhensif à son égard, vu la situation.
Voilà comment le mal s’est propagé, dans toute la localité. D’abord, à cause du manque de nourriture ; puis parce que l’affaiblissement de la vitalité et l’état de survie sont apparues, avant persister. L’enfant s’est amaigri ; son entourage s’est révélé être impuissant face aux circonstances. Un vol a été commis et en retour, l’enfant affamé a reçu de la violence et du mécontentement.
Comprenez donc que si le mal existe et demeure aujourd’hui, à travers le monde, sous différentes formes, c’est parce que certains individus survivent dans la faiblesse et un manque constant. Et parce qu’ils survivent dans de telles conditions, alors, ils opèrent avec malveillance et subissent le mal.
Un individu qui n’est pas lui-même est déconnecté de Dieu, c’est-à-dire de son lien avec tous les êtres et donc, du Bien Commun. L’être malade survie pour ses propres intérêts, tandis que les êtres qui se portent bien et ne manquent de rien, vivent harmonieusement et en communion.


